Paru dans "Isère Magazine"

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Gens d’ici.

Nathanaël Schaeffer > Un homme debout
La vie par dessus tout

Il se déplace en handbike (vélo à bras), en remorquant son fauteuil roulant. « C’est le premier sport que j’ai pratiqué après mon accident, et j’ai adoré, car il m’a redonné de l’autonomie », confie Nathanaël Schaeffer, 33 ans. L’accident ? Il évoque l’avalanche qui l’a bousculé au pied du couloir du Diable, dans l’Oisans, en 2005, provoquant une compression de la colonne vertébrale et la paraplégie. En perdant l’usage de ses jambes, il n’a pas renoncé à ses rêves. Ce sportif s’est initié au ski assis dès 2006. Deux ans plus tard, quand ses amis lui proposent de le tracter en ski de randonnée, il relève le défi. « Une dizaine de personnes forment un attelage, chacune d’entre elle étant reliée par une corde au bob ski dans lequel je suis assis », explique-t-il. Cet hiver, après avoir réalisé une ascension express de la Croix de Chamrousse, il a atteint le sommet du Grand Paradis, en Italie, à plus de 4 000 mètres d’altitude. « La course aux records ne m’intéresse pas. Je mobile casino veux montrer que malgré le handicap, on peut faire des choses intéressantes, ensemble », poursuit-il. En 2010, cet « esprit demi-fou dans un corps demi sain », comme l’appellent ses compagnons d’aventure, a parcouru 2 000 kilomètres au guidon de son handbike, dans l’Himalaya, avec Cécile, à l’occasion de leur voyage de noces. D’où tire-t-il sa force ? Il évoque son naturel optimiste, sa foi… « Et puis l’accident n’a pas remis en cause ma vie professionnelle, et donc ma place sociale. » Nathanaël, qui avait soutenu sa thèse à l’Université Joseph Fourier de Grenoble cinq mois avant sa chute, travaille à l’Institut des sciences de la terre, sur le campus de Saint-Martin d’Hères, où il effectue des recherches sur le noyau terrestre et le champ magnétique.

Marion Frison, dans Isère Magazine n°127 (Mai 2012).